Barbara Wiernik

Une chanteuse de jazz raffinée qui fait fi de tout maniérisme et de tout cliché, et donne une nouvelle orientation au genre par des influences allant de la pop et de la poésie au chant indien.

08.10, 18.00, Jazzstation
Barbara Wiernik & Nicola Andrioli

 

Qui est… Barbara Wiernik ?

C’est comme par hasard à l’âge de 18 ans qu’elle découvre sa passion pour le chant. Elle s’inscrit illico au Jazzstudio à Anvers et étudie ensuite au Conservatoire Royal de Bruxelles où elle suit les cours auprès de David Linx.

Elle écrit elle-même ses textes chargés d’une extrême poésie. Elle s’est déjà rendue à plusieurs reprises et pour de longues périodes en Inde pour y apprendre les techniques de chant spécifiques. Et Joni Mitchel ainsi que Norma Winstone lui servent encore toujours d’exemples à suivre. C’est d’ailleurs auprès de cette dernière qu’elle se perfectionne depuis vingt ans déjà.

En 2000, elle présente son premier album sous le titre « Eclipse », accompagnée des musiciens Jozef Dumoulin, Hugo Read et Ramesh Shotham. Plus tard, elle sort « Soul of Butterflies » (2009) avec entre autres Fabian Fiorini et Laurent Blondiau.

Elle prête également sa voix aux albums d’Alexandre Furnelle, Manuel Hermia et Giacomo Lariccia, et forme le trio PiWiZ aux côtés de Pirly Zurstrassen et Jacques Pirotton.

Par ailleurs, il y a aussi le trio WRAP! qu’elle fonde avec Alain Pierre et Jean-Louis Rassinfosse. Leur CD « Endless » est sorti sous le label Igloo Records. Et avec le même Alain Pierre, elle se produit en duo sous l’appellation Different Lines.

Autre projet particulier, « Les 100 ciels de Barbara Wiernik » regroupe pas moins de treize musiciens de la scène à la fois jazz et classique.

Ce samedi aura lieu la première du CD en duo « Complicity »’ avec le pianiste Nicola Andrioli (Philip Catherine, Lorenzo Di Maio, Manolo Cabras).

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Cela fait seize ans que j’habite à Saint-Gilles et le Parvis, le cœur de la commune, est pour moi un des endroits les plus uniques avec des classiques tels le Verschueren, La Maison du Peuple ou le Bar de l’Union. Dès les premiers rayons du soleil, les terrasses sont prises d’assaut par une faune bigarrée de Bruxelles, des jeunes mais aussi des familles avec enfants et des moins jeunes, provenant de cultures les plus diverses. Un joyeux mélange qui dégage une énergie très particulière. Par contre, si vous vous y rendez en voiture, vous aurez un sérieux problème car il n’y a pour ainsi dire pas de places de stationnement. Mieux vaut dès lors opter pour un moyen de transport alternatif.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

En fait, j’en ai acheté deux en même temps. D’abord, « What Was Said » de Tord Gustavsen avec Simin Tander et Jarle Vespestad, dont j’apprécie l’ambiance atypique. C’est une musique qui vous fait presque planer par ses chaudes sonorités et l’aura quasi luminescente que dégage cet album. Le deuxième est « For You », le premier album de la chanteuse française Lou Tavano. Elle aussi parvient à susciter un sentiment très singulier en proposant un son neuf et moderne associé à une profondeur émotionnelle. Elle écrit elle-même ses textes, principalement en anglais.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Il s’agit de Lorenzo Di Maio qui présentait son album « Black Rainbow » lors du Marni Jazz Festival début septembre. J’avais déjà vu plusieurs fois le groupe à l’œuvre sur scène mais lors de ce concert, chaque détail était pensé et juste. Il n’y a pas à dire, c’est une équipe de rêve avec ce pianiste et ce batteur, auxquels je fais moi-même appel (rires). Ce qui m’a frappé, c’est que leur musique instrumentale avait une spécificité très vocale. La mélodie et l’harmonie vous vont droit au cœur. Tout aussi remarquable est la manière avec laquelle ces jeunes musiciens se présentent comme une entité forte, tout en faisant preuve d’une grande modération et d’une discipline exceptionnelle.

… votre expression favorite du moment ?

C’est une citation de Sonny Rollins. « L’improvisation implique l’abandon de toute pensée consciente. Il s’agit de laisser la musique s’exprimer. » [Improvisation is all about losing conscious thought. Let the music come out.] Cette notion d’abandon, de laisser-aller me parle énormément. Il faut toutefois pouvoir le faire au bon moment. Et bien évidemment, cela suppose beaucoup de travail et d’étude en amont. C’est ce que j’essaie d’inculquer à mes élèves pendant mes cours : cherchez le moment où vous ne réfléchissez plus, où vous oubliez tous les préceptes et où vous laissez l’émotion et la musique prendre le dessus.