Bram De Looze

Un jeune pianiste qui associe sans peine la musique baroque aux structures avant-gardistes les plus complexes et qui au passage s’essaie à l’improvisation épurée.

25.02, 18.00, Jazzstation:
LABtrio: 10 Years Cd-release "Nature City"

09.03, 20.00, CC Strombeek:
Solo met Piano e Forte

 

Qui est… Bram De Looze ?

Il s’avère dès son plus jeune âge que Bram De Looze (°1991) est franchement doué. Après avoir terminé ses études à l’académie de musique locale avec le maximum de points, tout s’accélère. Avec Lander Gyselinck et Anneleen Boehme, il fonde le groupe LABtrio. Ils remportent d’emblée une flopée de prix, dont celui du concours de jazz international d’Avignon (FR).

Une année d’études à New York élargit ses horizons. S’en suivent presque automatiquement de nombreux contacts et groupes avec des musiciens belges et étrangers. Un exemple parmi d’autres est la combo variable autour de Dre Hocevar.

Avec le bassiste Jos Machtel et le batteur Matthias De Waele, il forme un trio qui se spécialise dans les standards. Leur première carte de visite sort en 2013 sous le titre « Foster Treasures ».

Il offre également ses services de pianiste à la formation Antoine Pierre Urbex, une équipe de choc du jazz belge avec entre autres dans ses rangs Jean-Paul Estiévenart, Toine Thys, Steven Delannoye et Bert Cools.

Avec Septych, il se fraie un parcours audacieux. De propres compositions se voient produites avec un amalgame d’instruments tout à fait particulier : piano, saxophones, clarinette basse, violoncelles et percussions. L’objectif primordial est de tester la flexibilité entre partition et improvisation, tout en jonglant avec les harmonies et les rythmes.

L’année dernière, il a élaboré un projet live ambitieux autour de Piano e Forte en étroite collaboration avec le facteur de pianos Chris Maene. Il alterne des compositions imaginatives sur trois modèles : un Anton Walter Replica (1795), un Érard restored original (1836) et un Pleyel Concert Grand Replica (1843).

Plus communément connu est son rôle au sein de LABtrio. Formé il y a dix ans de cela, le trio est entre-temps devenu un des groupes les plus branchés de la jeune génération. Faisant suite à deux CD (‘Fluxus’, ‘The Howls Are Not What They Seem’), le troisième opus sort ce mois-ci sous l’intitulé ‘Nature City’.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Pas de club ou de café pour moi mais plutôt la Forêt de Soignes. J’ai besoin de temps en temps de pouvoir « me perdre » dans la nature, à pied ou en vélo. Le silence qui y règne, le fait d’être entouré par tous ces arbres, s’apparente en mon for intérieur à une douche à la chaleur lénifiante. Cela me permet de me vider l’esprit mais en même temps, c’est aussi involontairement une source d’inspiration.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

« Études » de Paul Motian et Charlie Haden avec Geri Allen. C’est Seppe Gebruers qui m’a mis sur la piste de cet album. La manière dont Allen joue ici si librement et de façon aussi inventive est impressionnante. Mais il y a avant tout le jeu d’ensemble de ces trois musiciens pur jus. Cela faisait longtemps que je ne m’étais plus installé pour écouter un album aussi assidûment. C’est très rare.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Je n’ai pas énormément de temps libre pour assister à des concerts mais dernièrement, j’ai pu voir le groupe 3MA à l’œuvre au BOZAR, avec le joueur de kora Ballaké Sissoko entouré de Rajery au valiha et Driss El Maloumi à l’oud. Une sonorité excellente mais surtout trois musiciens de cultures différentes qui formaient malgré tout une seule entité. Un concert est à mon sens réussi lorsque vous sentez que les artistes jouent avec une extrême conviction. En plus, il faut bien évidemment que les rythmes soient au point et que les musiciens manient convenablement la dynamique et l’énergie. Ici, tout était parfait.

 

… votre expression favorite du moment ?

Lorsque je me suis intéressé à l’accordage de pianos, je me suis mis à chercher plus d’informations sur les tempéraments et sur la manière dont nous sommes parvenus à notre système actuel où l’octave est divisée en douze demi-tons égaux. Auparavant, ce n’était pas du tout le cas. Dans « Le clavier bien tempéré » de Bach, il ne s’agit pas de notre tempérament égal. Il s’agit tout au contraire des différences de couleur présentes dans les constellations harmoniques avec lesquelles jongle Bach dans ses compositions. Il n’y a en soi rien de répréhensible au tempérament égal mais lorsque vous écoutez plus attentivement, l’expérience que vous en aurez, sera nettement plus riche. C’est comme si vous regardiez un tableau sans être à même de voir les véritables couleurs éclatantes parce qu’elles auraient été réduites à des couleurs ternes et éteintes.