Bruno Castellucci

Un batteur de la vieille école qui a appris le métier en autodidacte mais s’est bâti une carrière internationale à la fois dans le jazz et dans d’autres styles et genres musicaux.

19.10, 20.30, Jazzstation:
Bruno Castellucci & friends: 50 ans de musique

 

Qui est… Bruno Castellucci ?

Eh non, pas d’école de batterie ou de conservatoire pour Bruno Castellucci (°1944), du moins pas en tant qu’élève ! Pourtant, très tôt déjà, il foule les planches grâce au premier prix d’un concours de jazz et au coup de pouce bienvenu de quelques grands noms aguerris dans le métier. Dès le début, sa devise est d’être à l’écoute des autres et de ne pas faire de distinction entre le jazz et d’autres styles de musique.

Au fil des ans, cela lui a valu de travailler aux côtés notamment d’André Brasseur, Alex Scorier, Art Farmer, Philip Catherine, Joe Zawinul, Chet Baker et Jaco Pastorius. En 1974, il devient le batteur attitré de Toots. C’est également un rôle qu’il remplit trente années durant au sein du « big band » du tromboniste allemand Peter Herbolzheimer.

Des artistes tels que Maurane et Marc Moulin font également appel à ses services. Pendant quelques mois, il s’est même distingué dans la comédie musicale « Hair » et joue des baguettes dans la version originale de « Eviva Espana ».

Castellucci ne se fait pas seulement connaître sur l’ensemble de la scène du jazz européen comme batteur fiable et professionnel lors de concerts live, il brille aussi par ses talents de musicien de studio.

Il est encore toujours actif en tant qu’enseignant et rien au monde ne lui ferait quitter la scène. Samedi prochain, il fête d’ailleurs ces cinquante ans de carrière en compagnie de quelques amis musiciens.

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Au risque de manquer d’originalité mais plus bruxellois que ça, tu meurs : les terrasses du Sablon et de la Grand-Place. Mon épouse aime de temps en temps boire une trappiste et moi une kriek et ce sont les seuls endroits où nous nous rendons quand l’envie nous prend. En même temps, la Grand-Place et ses ruelles avoisinantes me rappellent le passé très jazzy de Bruxelles avec notamment le Pol’s (Jazz Club). Rue du Marché au Charbon, il y avait le Carton Club. Le propriétaire pensait faire preuve d’originalité en offrant un verre gratuit à quiconque était impliqué dans un accident, procès-verbal à l’appui. « Carton » dans le sens d’accident donc. Il n’a pas fallu plus de deux semaines pour qu’il se rende à l’évidence que son idée n’était décidément pas si ingénieuse que ça, d’où sa décision de changer le nom en « La Cartonnerie ». Mais j’ai pu y voir Mingus et beaucoup d’autres à l’œuvre.

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

J’aime des chanteurs de la trempe de Frank Sinatra, Ray Charles en Tony Bennett. Bob Mover est un saxophoniste qui chante aussi. J’ai acheté un de ses enregistrements récents, « My Heart Tells Me ». En même temps, je me suis offert le dernier album de Betty Carter et Carmen McCrae, « Live at the Great American Music Hall - San Francisco ». Je l’écoute au moins une fois par semaine. Il rassemble toutes les caractéristiques essentielles : tradition, créativité, simplicité et surtout, des thèmes musicaux. Quand j’ai de la visite, je le mets généralement et bien souvent, mes invités me demandent qui chante. C’est précisément le pouvoir des grands classiques dont font bien évidemment partie les duos de Louis Armstrong et Ella Fitzgerald.

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

C’était tout récemment à Berlin où j’ai assisté au concert de la chanteuse brésilienne Joyce, accompagnée du guitariste compatriote Dori Caymmi. Le répertoire se résume principalement à de la bossa nova, de la samba et quelques autres styles de son pays natal. Comme il se doit, thème et harmonie ne font jamais défaut mais ce sont surtout ses improvisations qui ont de quoi impressionner. Du bebop dans sa plus pure expression. Il est clair aussi qu’elle éprouve du plaisir à se produire sur scène et aime le partager avec son public. C’est un aspect qu’on perd bien trop souvent de vue à l’heure actuelle.

… votre expression favorite du moment ?

Soyez vous-même, ni plus ni moins [Be yourself, no more no less]. Toots n’arrêtait pas de le répéter et il avait raison. Sans l’ego, pas de spectacle ! Si vous avez quelque chose à dire, faites-le. Mais si vous dites quelque chose en quoi vous ne croyez pas, ce ne sera pas crédible et ça sonnera forcément faux.