Hendrik Lasure

Dix-neuf ans à peine et déjà au centre de l’attention médiatique dans le paysage jazzistique belge avec SCHNTZL, membre d’une série de groupes avec des artistes internationaux et une mission de composition pour le théâtre musical.

07.12, 20.30, Jazzstation :
SCHNTZL (affiche double avec Loriers/Postma/Thys)

Qui est… Hendrik Lasure ?

Hendrik Lasure (°1997) grandit avec des parents tout deux mélomanes. Son père faisait partie d’un chœur baroque et sa mère a obtenu un diplôme de clarinettiste.

Le jeune Hendrik suit des cours à l’école de musique de Knokke mais trouve ces cours de musique classique particulièrement ennuyeux et frustrants. Comme remède contre l’ennui, il s’inscrit dans la section jazz. C’est en entendant la version de Dizzy Gillespie de « On the Sunny Side of the Street » qu’il sait la voie qu’il veut emprunter. Il se retrouve tout de go dans la même classe de piano que Bram De Looze.

La prochaine étape est le Conservatoire Royal de Bruxelles où il en est actuellement à sa dernière année. À ce jour, il y a appris les ficelles du métier avec Diederik Wissels, John Ruocco et Kris Defoort.

Sa rencontre avec Casper Van De Velde joue un rôle capital. À l’époque, ils n’avaient que douze et quatorze ans lorsque leurs chemins se croisent lors des ateliers musicaux de « Jeugd en Muziek » à Dworp : une rencontre qui prépare le terrain pour leur futur duo SCHNTZL.

En 2015, SCHNTZL remporte le concours jazz de Vrijstaat O (Ostende). La même année, Lasure obtient la distinction de meilleur compositeur lors du concours de jazz international à Avignon (France).

Lors de la nuit des labels de W.E.R.F., début octobre 2016, le duo présente son premier album. Comme il se doit à l’heure actuelle, outre le CD, il y a aussi une version vinyle (double album).

Les clips sur YouTube dévoilent une facette nettement plus surréaliste de ces deux jeunes gars.

Lasure envisage bien entendu l’avenir à côté et au-delà de SCHNTZL. Ainsi, il y a Orange Moon avec Manolo Cabras et Mathieu Calleja. Il se produit aussi avec Sam Comerford Thunderblender où il joue aux côtés du saxophoniste irlandais et du batteur Jens Bouttery. De plus, il joue de son instrument au sein de Amber Haze, un trio composé rebelote de Casper Van De Velde et de la vocaliste italienne Francesca Palamidessi.

Ce début du mois de novembre a vu la sortie d’un CD avec le guitariste espagnol Toni Mora.

Sa prochaine gageure est de composer la musique pour une nouvelle pièce de théâtre musical écrite par Wannes Gyselinck qui raconte l’histoire d’écrivains et d’artistes qui pendant la deuxième guerre mondiale fuient le nazisme et cherchent leur salut aux États-Unis.


Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Cela fait deux ans que j’habite à Bruxelles et la galerie de la Reine reste pour moi un lieu impressionnant, d’autant plus lorsque les rayons du soleil brillent au travers de la superbe verrière. J’y passe au moins une fois par semaine. Toutes ces petites boutiques et magasins de produits artisanaux comme celui où ils vendent des gants, me fascinent à chaque fois.


… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

Sur les conseils du producteur du premier album de SCHNTZL, Koen Gisen, je me suis acheté l’album en solo de Mark Hollis. Il date de 1998 mais n’a pas pris une seule ride, que du contraire ! Les chansons n’ont rien perdu de leur expressivité. C’est de la pop aventureuse comme je l’aime, une construction sobre et minimaliste associée à des arrangements parfois déjantés.
J’achète d’ailleurs bien trop de CD et de livres. Mais à tous les coups, j’ai le sentiment que c’est une dépense à bon escient. De plus, dans les magasins de seconde main à Bruxelles tels que Pêle-Mêle, il y a vraiment moyen de limiter les frais.


votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Il s’agissait du spectacle de danse « Rain » d’Anne Teresa De Keersmaeker-Rosas sur de la musique de Steve Reich jouée en direct. Rien que la présence de quatre pianos à queue sur scène a de quoi éblouir. Et c’est sans compter la chorégraphie qu’elle y adjoint. Lors d’une entrevue suite au spectacle, elle a déclaré quelque chose qui m’a fortement frappé : « L’art qui émane des états d’âme est souvent sans états d’âme. » Selon elle, l’art doit être basé sur la structure et le contenu en est entièrement tributaire. Elle adopte ce principe de manière très disciplinée dans cette œuvre de Reich où elle convertit les accords en mouvements.


… votre expression favorite du moment ?

À cet égard, je fais référence à une citation d’un de mes pianistes favoris, Sviatoslav Richter, où il explique son approche lors de l’exécution d’œuvres existantes. La logique n’existe pas pour lui. Il sait seulement comment réfléchir la pensée : il est un miroir. Il va même jusqu’à se considérer comme un ignare qui ne comprend pas ce qui se passe dans le monde et qui, avant tout, ne saisit pas la différence entre réalité et art. « Je ne suis pas un idiot complet, même si par faiblesse ou par paresse je n'ai aucun talent pour la pensée. Je sais seulement comment la réfléchir. » Personnellement, je suis aussi quelqu’un qui « réfléchit ». Dans tout ce que je fais, je me pose en premier lieu la question du pourquoi.