Henri Vandenberghe

Le directeur général, véritable force motrice derrière Brosella et Djangofolllies, est et reste l’incomparable Henri Vandenberghe.

 

Tout comme par le passé, nous devons la 21e édition des Djangofolllies au travail et au dévouement de l’asbl « Les Amis de Brosella ». C’est la même équipe qui se charge aussi de l’organisation de Brosella Folk & Jazz, Brosella Guitar Fair et Kristal Klaar. Son directeur général, véritable force motrice derrière tous ces événements, est et reste l’incomparable Henri Vandenberghe.

 

Qui est… Henri Vandenberghe ?

Apprécier un artiste est une chose ; lui consacrer un festival qui dure trois jours avec des ramifications un peu partout dans le pays, en est une autre – il faut cet indispensable grain de foliepour se lancer dans une telle aventure. Ce n’est pas pour rien que Djangofolllies s’écrit avec trois « l » !
À l’époque, lorsqu’il travaillait au service de la jeunesse de la ville de Bruxelles, Henri Vandenberghe avait déjà ce brin de folie : « Brusseleir vè et Leive » (« Bruxellois pour la vie »). Son amour pour la musique en général et pour celle de Django Reinhardt en particulier, n’est plus un secret pour personne. Toutefois, si le festival Djangofolllies a pu voir le jour, nous le devons avant tout à l’amitié de longue date que Vandenberghe entretient avec un musicien de la scène manouche, à savoir Koen De Cauter, un homme que nous pouvons sans hésitation considérer comme le digne successeur flamand de Django et qui avec sa famille perpétue de manière magistrale la tradition du swing gitan. Il a réussi à convaincre Vandenberghe d’organiser cet hommage à Django Reinhardt chaque année, un hommage à un guitariste d’exception qui à lui seul a inventé un tout nouveau style et ne ratait aucune occasion de faire halte à Bruxelles au cours de ses incessantes pérégrinations propres à sa vie de gitan.
La toute première édition voit le jour en 1994. Entre-temps, les Djangofolllies se sont transformées en un festival sur plusieurs jours avec des concerts dans plus d’une vingtaine d’endroits répartis dans tout le pays. Nous avons posé nos quatre questions habituelles à Henri Vandenberghe.

 

Quel (le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

C’est sans conteste le parc d’Osseghem au pied de l’Atomium. Une oasis de verdure où s’est déroulée la toute première édition de Brosella Folk en 1977. Pendant l’année, c’est un endroit où règne un calme bienfaisant, en contraste total avec l’agitation urbaine environnante mais pendant le festival – depuis 1982 Brosella Folk & Jazz – le parc se transforme en un véritable lieu de rencontre pour les amateurs de musique, tous âges confondus.

 

… votre plus beau souvenir d’un concert lors du festival Djangofolllies ?

Le choix s’avère difficile, des souvenirs, j’en ai des tonnes. Mais un moment émouvant que je n’oublierai jamais est le concert du trio français Opus Swing au centre culturel des Riches-Claires le 19 janvier 2006. Les trois musiciens avaient tous la vingtaine et dans la salle, il y avait un monsieur qui s’était vu offrir son ticket à l’occasion de son centième anniversaire. À l’époque, il avait assisté en personne aux concerts du sublime Django Reinhardt. Le groupe l’a félicité en lui disant qu’il était bel et bien la preuve que la musique de Django agit comme une fontaine de jouvence.
J’aimerais ajouter encore un deuxième souvenir marquant. Il s’agit du projet The Django Experience lors duquel Dick Van der Harst nous avait fait entendre du Reinhardt dans la veine tout particulière de Jimi Hendrix. À un moment donné, quelqu’un dans la salle a manifesté son mécontentement. Il criait au scandale, à l’hérésie pure et simple. Van der Harst a alors demandé au technicien d’allumer les lumières afin de voir qui était cette personne qui protestait. « Est-ce ce son-ci qui vous déplaît tellement ? », demanda-t-il en pinçant les cordes de sa guitare de plus belle. Le spectateur au comble de la frustration quitta la salle aussitôt. L’anecdote amusante à cet égard est que tout juste avant la fin du concert, une petite dame devait quitter la salle pour ne pas rater son dernier bus. La pauvre osait à peine sortir de peur de contrarier les musiciens. Elle s’approcha de moi pour s’excuser de son départ anticipé.
Le passage de La Femme Belge avec le regretté Sam Coenegrachts, un concert organisé à l’école artistique « Kunsthumaniora Brussel » dans le cadre des Djangofolllies, restera aussi toujours gravé en moi.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes acheté ?

« First Time » de Kim Versteynen et Tim Finoulst que je me suis empressé d’acheter juste après le concert de présentation du CD à La Tentation. Un très beau spectacle, parfaitement dosé. Je trouve que les jeunes talents méritent de toute façon notre soutien qu’il s’agisse de folk, de blues ou de musique classique.

 

… votre expression favorite du moment ?

 « The only necessary thing for the triumph of evil is for good men to do nothing » («  Pour que le mal triomphe, il suffit que les hommes de bonne volonté ne fassent rien »). Rassurez-vous, cela ne vient pas de moi mais ces paroles restent toujours présentes à mon esprit. J’y adhère pleinement. Rien ne sert de se plaindre de ce qui ne va pas pour ensuite ne rien faire pour que ça change. Ce n’est qu’alors, que le mal gagne la partie. Je préfère agir et me retrousser les manches que de me plaindre sans cesse du fait que tout va mal. Commencez par balayer devant votre propre porte avant de critiquer tout le reste.