Laurent Blondiau

Au sein de sa plaque tournante, le groupe Mâäk, le trompettiste Laurent Blondiau est sans cesse à la recherche de cet équilibre parfait entre improvisation, partition et transe africaine.

« La monotonie n’est pas faite pour moi. Mon objectif est de continuer à chercher et à découvrir selon mes propres conditions. » 

 

26-03 Marni
MikMâäk 

01-05, CC De Meent (Alsemberg)
Duo Blondiau-Peeters 

07-05, Marni
MikMâäk

11-13.06, Théâtre Les Tanneurs
All Instruments 
(spectacle de danse de la chorégraphe suisse Sarah Ludi, accompagné de musique live de Laurent Blondiau et João Lobo) :

  

Qui est… Laurent Blondiau ?

Il est parfois difficile d’imaginer où il trouve le temps et l’énergie nécessaires mais dans la tête du trompettiste Laurent Blondiau, il semblerait que les nouvelles idées et les nouveaux projets se bousculent sans discontinuer. Avant toute chose, son ambition force le respect et ce qui ne gâche rien, il atteint toujours les objectifs qu’il s’était fixés. Voici en tout cas, un florilège de ces dernières réalisations.

Plaque tournante de toutes ses aventures musicales, le quintet Mâäk (précédemment connu sous le nom de « Mâäk’s Spirit ») a sorti l’année dernière son neuvième album. L’idée maîtresse au travers du répertoire est de préserver le fragile équilibre entre improvisation et partition, le tout régulièrement ponctué de rythmes (de transe) africains.

Depuis le mois de janvier 2014, il y a aussi MikMâäk, une véritable œuvre en cours… En l’occurrence, Mâäk a vu grossir ses rangs pour former un ensemble de pas moins de seize musiciens de talent. L’été dernier, le groupe s’est produit sur la scène des festivals de Gaume et de Middelheim. Avant que n’aient lieu les enregistrements de leur premier CD les 16 et 17 juin prochains à De Werf (Bruges), le groupe a encore prévu quelques concerts au Marni.
Depuis le mois dernier, une toute nouvelle initiative est venue s’ajouter à la liste. Cinq danseurs africains du Burkina Faso ont rejoint le groupe existant Electro Project (avec entre autres João Lobo et Giovanni Di Domenico). La toute première représentation s’est déroulée à merveille. Le Burkina Faso est par ailleurs le pays où Blondiau a mis sur pied le projet Les Ventistes du Faso en collaboration avec le saxophoniste Toine Thys. Il s’agit d’une formation pour instrumentistes à vent (trompette, flute, saxophone, trombone, tuba) au cours de laquelle ils apprennent aussi comment entretenir et réparer leurs instruments.
Lors du festival Gaume Jazz 2013, il y a également eu la première du duo avec le bassiste Yannick Peeters. Les réactions furent à ce point positives que suivra, déjà le mois prochain, une tournée complète de JazzLab, avec escale dans la périphérie bruxelloise.
Et ce n’est pas tout : Blondiau se produit aussi régulièrement en France où il fait partie de l’Andy Elmer Octet et du nouveau quatuor de Stéphane Payen. Et à la fin du mois, il jouera sur la scène de l’Opus Jazz Club à Budapest avec le Gadó Gabor International Quintet.
Au vu de ce qui précède, une chose est sûre, les activités musicales de Blondiau ne connaissent pas de frontières. Rien d’étonnant pourtant car l’homme est une des figures les plus passionnantes et surprenantes de la scène jazz du moment.


Quel (le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

J’aimerais mentionner deux lieux en quelque sorte complémentaires. Comme je m’active au four et au moulin et que je suis souvent sur la route, j’ai de temps à autre besoin de prendre un bon bol d’air et de me vider la tête. Le lieu idéal pour moi est la Forêt de Soignes. Quand j’y vais, je préfère quitter les sentiers aménagés pour me balader entre les arbres, en pleine nature. Par ailleurs, j’aime bien retrouver mes amis pour prendre un verre et discuter. Mon endroit préféré est la Brasserie Verschueren à Saint-Gilles. En plus, le lieu attire un joyeux mélange de clients avec lesquels il est facile de nouer des contacts et de faire un brin de causette. Du coup, les sujets de conversation vont dans tous les sens.


votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

J’assiste souvent à de bons spectacles, sans pour autant être véritablement épaté. Par contre, j’ai été plus qu’agréablement surpris il y a quelques semaines de cela au Bozar par un concert d’une pianiste argentine Martha Argerich, accompagnée entre autres par le trompettiste russe Sergei Nakariakov. Au programme, il y avait notamment un concerto pour piano, trompette et cordes de Chostakovitch. La manière dont Argerich dirige l’orchestre installée derrière son piano est hallucinante. Aussi, sa façon de tenir ses notes et par conséquent, de déterminer le rythme, m’a laissé pantois. Cela fait déjà une dizaine d’années que cette artiste vit à Bruxelles mais elle ne se produit qu’à de rares occasions.
J’aimerais également mentionner le concert de Jean-Paul Estiévenart avec son trio en novembre dernier au Marni. La manière qu’il a de chercher, de raconter et de faire prendre à la musique des tournures inattendues, c’est précisément ce que l’on attend du jazz aventureux.


… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

Lors d’un de mes derniers voyages au Burkina Faso, j’ai acheté l’œuvre d’une chanteuse malienne, Tata Diakité. L’authenticité du son sur ce CD met tout particulièrement en lumière son sens du rythme et le charme de sa voix. On croirait presqu’entendre des enregistrements de terrain, ce qui fait ressortir encore davantage le lien avec ses racines profondes.
Un autre achat récent est le « Concerto pour violoncelle n° 1 », additionné du « Concerto pour violon n° 3 » de Saint-Saëns : la musique idéale pour se plonger dans un autre monde.


… votre expression favorite du moment ?

J’habite à l’arrière d’une maison. La partie avant de l’immeuble était autrefois un magasin muni d’une vitrine. Sur cette vitrine est apposé un autocollant sur lequel est repris une citation du compositeur, musicologue et philosophe allemand Theodor Adorno : « Parmi les dangers de l’art nouveau, le plus grand est l’absence de danger ». Vous pouvez l’interpréter de différentes façons. Par exemple, au premier degré, en affirmant qu’il n’y a rien de plus désagréable dans la vie que la monotonie. En poussant la réflexion un peu plus loin, cela revient à dire que dans la vie, vous avez le choix de continuer sans cesse ou non à chercher et à découvrir. Dans mon cas, ce dernier élément est vital. Sans cette motivation, ma frustration serait à son comble. Toutefois, cette quête et cette exploration doivent se faire à ma manière et selon mes propres conditions. Il ne fait pas de doute que je dois tenir compte de certaines contraintes mais celles-ci sont aussi le résultat des choix que j’ai faits en connaissance de cause.