Marc Danval

S’il y a quelqu’un qui peut se nommer le « Monsieur jazz » de notre royaume, c’est incontestablement Marc Danval, figure de proue de la radio, auteur, photographe et épicurien de cœur et d’esprit.

Marc Danval, « Jazz 100 – Une histoire de jazz », Flagey (Studio 3):
conférences en français les 15.01, 29.01, 19.02, 11.03 et 26.03, chaque fois à 11h00.

 

Qui est… Marc Danval ?

Marc Sevenants alias Marc Danval (°1937) grandit dans un milieu artistique avec un père (Fernand) et un grand-père (José) pianistes et compositeurs de musique classique célèbres.

Il garde le respect de l’univers classique mais dès l’âge de 9 ans, le jeune Marc se prend de passion pour son grand amour, le jazz.

Lors de son service militaire, on le laisse animer une émission au sein du paquebot Flagey. C’est ainsi que Danval découvre sa deuxième passion : la radio. Très vite, il présente sa propre émission à Radio Luxembourg (aujourd’hui, RTL). Il a encore toujours son programme radio attitré sur La Première (« La troisième oreille », tous les samedis de 14h00 à 15h00).

À l’âge de 15 ans, il écrit son premier article consacré au jazz, qui marque le début d’une série incalculable de chroniques. Plus tard, il apporte sa contribution entre autres à l’hebdomadaire Pourquoi Pas ? et à Paris Match.

Des livres tels que « Robert Goffin - avocat, poète et homme de jazz » et « Histoire du jazz en Belgique » sont des ouvrages de référence renommés, tout comme « Dictionnaire du jazz à Bruxelles et en Wallonie » qu’il co-écrit avec Robert Pernet et Jean-Pol Schroeder.

En 2010, il lègue sa prodigieuse collection de jazz (livres, albums, partitions, photos, documentation…) à la Bibliothèque royale de Belgique (le Fonds Marc Danval).

À ce jour, Marc Danval est et reste un conteur passionné et érudit, l’homme des mille et une anecdotes (du jazz).

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

C’est incontestablement L’Archiduc. C’était à l’époque un de mes lieux de jazz bruxellois préférés. Dans le temps, Stan Brenders était encore propriétaire des lieux. Et, coïncidence ou non, Brenders était en outre un ancien élève de mon grand-père. J’avais personnellement bien connu cet univers classique de ma famille mais dès que j’ai entendu « Boogie Woogie » de Brenders à la radio, ni une ni deux, je me suis précipité à la Maison Bleue pour y acheter le disque. La vendeuse ne l’avait plus en stock mais elle voulait m’aider et m’a proposé un morceau similaire de « Koen Bazie »… qui s’avérait être nul autre que Count Basie.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

Je suis un fan invétéré de Don Byas et je pensais posséder tous ses albums et CD jusqu’à ce que je découvre récemment « New York - Paris, 1938-1955 ». L’album renferme toute une série de morceaux intéressants que je ne connaissais pas.
À la fin de sa vie, il vivait à Amsterdam et était régulièrement invité en Belgique. Il logeait souvent chez moi, tout comme pas mal d’autres artistes tels que Bill Coleman et bien entendu Chet Baker. Ce dernier en abusait d’ailleurs parfois en vidant mon bar.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Depuis un certain temps déjà, je suis le travail de la pianiste Eve Beuvens. Son tout récent concert à la Jazzstation avec Heptatomic m’a complètement convaincu. Sur scène, elle fait preuve d’une autorité dont peu d’artistes témoignent. Elle dirige comme le font les grands. De même, en tant que compositrice, elle est très forte. À mon avis, elle deviendra notre Carla Bley nationale.

 

… votre expression favorite du moment ?

Je m’intéresse encore toujours aux nouveaux courants et aux nouvelles tendances mais je reste fidèle au bebop. Lorsque j’ai découvert le jazz quelques années après la deuxième guerre mondiale, il y a eu le choc avec Charlie Parker. L’effet Parker persiste encore chez moi… avec dans son sillage, bien entendu, d’autres « beboppers » que sont Thelonious Monk, Kenny Clarke et Charlie Christian.