Mathieu Robert

Mathieu Robert opte résolument pour le saxophone soprano et c’est avec son instrument qu’il apporte de la couleur à un ensemble de formations musicales extrêmement divergentes.

14.02, 12.30, Charlier Museum:
Mathieu Robert & Mario Ganau

 

Qui est… Mathieu Robert ?

Bruxelles, véritable plaque tournante du jazz, exerce une attraction irrésistible, d’autant plus sur les jeunes musiciens. Parmi eux, le saxophoniste Mathieu Robert (°1989) qui a quitté Mons pour venir s’installer dans la capitale.

Il débute sa formation musicale avec le saxophone classique et le solfège à l’académie de musique locale. Ensuite, il se familiarise avec le jazz via des cours dispensés par Fabrice Alleman.

C’est alors qu’il déménage à Bruxelles pour poursuivre ses études au Conservatoire. Il décroche son baccalauréat dans la section francophone et son master dans la section néerlandophone, pour ensuite finir avec son agrégation.

Entre-temps, il s’intègre progressivement à la vie musicale dans la capitale. En témoigne sa collaboration avec plusieurs groupes qui illustrent d’emblée ses points de vue plurivalents.

Au sein d’Edi Olvitt, il partage la responsabilité sur un même pied d’égalité avec Nicolas Chkifi et Quentin Stokart. Trois personnalités différentes qui avec leur musique louvoient entre free, abstrait et quête approfondie à la recherche du son du jazz contemporain.

Book of Air est le projet exceptionnel des frères Cools, le biotope idéal pour Mathieu lui permettant de révéler une autre facette plus méditative de sa personnalité.

Totalement à l’opposé, il y a Blue Monday People où tout s’articule principalement autour des textes et des performances vocales de François Vaiana alors qu’avec le groupe Harvest de Guillaume Vierset, c’est la mélodie qui prime.

Un des projets les plus récents auquel il participe, est Philémon, le chien qui ne voulait pas grandir, de la musique de chambre entre jazz, classique et improvisation.

Par ailleurs, il y a également son incursion dans l’univers littéraire aux côtés de l’actrice catalane Neus Martinez sous le nom de Mousse où elle récite des poèmes et Mathieu l’accompagne en direct avec ses propres compositions.

Depuis quelque temps déjà, il forme un duo avec le saxophoniste soprano Pierre Vaiana, auprès duquel il a également effectué son apprentissage et avec lequel il faisait partie du groupe FATIK. Ensemble, ils explorent les possibilités de leur instrument.

Pour le prochain concert au Musée Charlier, il se produira en duo avec le pianiste italien Mario Ganau. Ils se sont rencontrés au conservatoire et viennent de boucler l’enregistrement d’un album dont la sortie est prévue dans le courant de cette année.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

J’ai suivi des cours de yoga pendant quatre ans avec Erwin Vann dans son studio Sampoorna Studio, au centre de Bruxelles dans la rue du Houblon. Maintenant, j’y donne cours moi-même. De par sa pureté, il émane de cet espace une impression de sérénité. C’est l’environnement idéal pour me perfectionner dans cette discipline. Mon objectif à plus long terme est d’opérer une pollinisation croisée entre yoga et jazz.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

J’en achète énormément. Mon achat le plus récent est « One More Time » de Mal Waldron avec Steve Lacy et Jean-Jacques Avenel. À mon avis, il s’agit là d’un des meilleurs enregistrements de Waldron. Leur musique semble très simple et pourtant, elle est tout à la fois extrêmement riche et profonde. On dirait une photo de famille. Ils avaient chacun déjà joué les uns avec les autres mais jamais en trio comme sur cet album.
Le même jour, je me suis aussi offert « Elegy » de Theo Bleckmann. Je connaissais déjà son Refuge Trio mais ici, c’est différent : il joue avec le pianiste Shai Maestro, le guitariste Ben Monder, le batteur John Hollenbeck et Chris Tordini à la contrebasse. Quoi qu’il en soit, j’ai un faible pour le son méditatif d’ECM, en particulier lorsque le saxophone soprano se superpose quasiment à la voix.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Il s’agissait du quartet d’Eve Beuvens avec Mikael Godée à la Jazzstation. Ce sont de nouveau ces sonorités poétiques qui me plaisent tant. Ils se sont bien gardés d’une approche stéréotype. Les saxophonistes soprano purs et durs ne sont pas monnaie courante. C’est pour cette raison que j’essaie tant que faire se peut d’assister à des concerts comme celui-ci.

 

… votre expression favorite du moment ?

Il s’agit d’une expression extraite d’un livre consacré à l’artiste Georges Braque : « Avec l’âge, l’art et la vie ne font qu’un ». Steve Lacy était également fan de Braque. Lorsque vous étudiez un sujet particulier suffisamment longtemps, vous découvrez tous les liens qui existent avec d’autres disciplines et surtout avec la vie elle-même. Mon exemple type est à cet égard Mal Waldron. On pourrait croire qu’il joue toujours la même chose alors qu’il développe à ce point sa musique qu’il en découle une formidable richesse sous-jacente.