Nicolas Thys

Que ce soit avec TaxiWars, avec Nathalie Loriers ou dans un contexte africain, à chaque fois, le bassiste Nicolas Thys parvient à incorporer le groove qu’il faut et le rythme idéal.

28.01, RIVER JAZZ NIGHT
18.00 - Jazz Station: The Sound People Project
20.00 - Espace Senghor : The Rhythm People Project
22.00 - Marni : The Spirit People Project

 

05.02, 20.00, Roskam
Albert Vila Trio

 

09.02, 20.00, Espace Senghor
Nicolas Kummert ‘la diversité’ feat. Lionel Loueke

 

Qui est… Nicolas Thys ?

Le bassiste Nicolas Thys (°1968) peut se targuer d’avoir déjà accompli un sacré parcours international. De son village natal Linkebeek, il se rend à Hilversum (où il décroche son diplôme au conservatoire – avec distinction). Ensuite, il déménage à New York (où il réside pendant 8 ans à Brooklyn). Depuis plusieurs années, il est de retour en Belgique et de ce port d’attache, il se produit aux confins (internationaux) les plus divers.

La liste des musiciens avec lesquels il a enregistré en studio ou a foulé les planches, est franchement impressionnante et rassemble le gratin de l’histoire récente et moins récente du jazz. Y figurent entre autres Mike Stern, Ben Monder, Marc Ducret, Mal Waldron, Mark Turner et bien évidemment, Toots Thielemans.

Sa collaboration avec une kyrielle de groupes belges ne vient que confirmer qu’il a contribué à définir la voie empruntée par notre jazz national ces vingt dernières années.

Parmi les exemples les plus récents, citons Nathalie Loriers Trio avec Tineke Postma, Kris Defoort Trio avec Lander Gyselinck, sans oublier TaxiWars (avec Robin Verheyen, Antoine Pierre, Tom Barman).

Nicolas Thys joue tout à la fois de la contrebasse et de la basse électrique, et donne cours à Anvers.

À l’occasion du River Jazz Festival, il relève le défi de fouler les planches avec trois formations différentes dans trois lieux différents, le tout au cours d’une seule et même soirée.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Sans aucun doute, L’Archiduc. Il y règne toujours une ambiance sympa et l’intérieur art déco est tout simplement superbe. Je connais ce bar depuis le début des années nonante lorsque je démarrais ma carrière professionnelle et que j’y ai donné mes premiers concerts avec Alice’s 5 Moons. Ensuite, je m’y suis produit avec des grands noms tels que Toots Thielemans, Kenny Werner et Lee Konitz. Le lieu est empreint de l’histoire de la musique. Jean-Louis, le proprio, continue à promouvoir le jazz en organisant des concerts live. Je ne pense pas qu’il en ait besoin d’un point de vue financier mais c’est sa passion indéfectible pour le jazz qui le pousse à le faire.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

J’en ai acheté trois d’un coup. Le plus jazz des trois est « The Nature of Connections » de Arve Henriksen. Tout à fait par hasard, j’avais entendu un morceau à la radio et je me suis précipité pour acheter le CD. Cela fait bien six mois que je n’arrête pas de le mettre lorsque je suis en voiture. Entre-temps, toute la famille y est devenue accro. Mon deuxième achat était « Malibu » d’Anderson .Paak. Tous les dix ans, il y a un personnage remarquable qui vient sur le devant de la scène hip-hop et cette fois-ci, c’est lui. Sa musique est rafraîchissante et déborde de bonnes idées. Et enfin, le dernier : en fait, je l’ai reçu de Tom Barman. Il trouvait ça scandaleux que je ne connaissais pas vraiment Captain Beefheart et il m’a offert un coffret avec ses trois premiers CD. Ce mélange libre de blues et de rock fut une véritable révélation pour moi.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Pour le coup, j’ai plus de mal à répondre. Je suis souvent sur scène et je n’ai donc que rarement l’occasion de voir jouer d’autres collègues. Si c’est le cas, c’est généralement lors de festivals. C’est ainsi que j’ai pu assister lors du North Sea Jazz à un concert d’Esperanza Spalding. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle m’a totalement bouleversé mais il est clair que c’est un sacré petit bout de femme avec un son tout à fait unique, caractérisé par la pollinisation d’une sorte de free jazz associé à une combinaison alambiquée de pop, rock et jazz.

 

… votre expression favorite du moment ?

Il y a de ces citations ou expressions que vous lisez ou entendez dont vous ne comprenez le sens que bien des années plus tard. Je songe notamment à une vieille expression qui figure dans de nombreuses religions et courants philosophiques : « We are one ». Faire de la musique revient pour ma part à faire partie d’un groupe. Je joue au service de la collectivité. C’est particulièrement typique des bassistes. Nous ne devons pas vraiment nous profiler comme solistes ou voix principales. Nous sommes heureux lorsque nous pouvons soutenir le groupe et contribuer à ce que l’ensemble sonne bien. Il va de soi que pour ce faire, j’ai besoin des autres et vice versa. Les meilleurs groupes et musiciens l’ont bien compris. Il suffit d’écouter les quartets de Coltrane ou de Miles. Les membres de ces groupes étaient tous d’excellents solistes et meneurs mais lorsqu’ils jouaient ensemble, ils semblaient ne faire qu’un !
Ce concept d’esprit d’équipe et de solidarité est également important à mes yeux d’un point de vue social. Dommage toutefois que la société d’aujourd’hui incite de plus en plus à l’individualisme. C’est une grosse erreur, nous devons tous travailler ensemble. Surtout dans le contexte de la mondialisation actuelle. Nous ne pouvons tout de même pas prétendre comme il y a cent ans que l’Afrique n’existe pas. Pour finir, cette règle du « We are one » s’applique aussi à la famille.