Sergio & Rosy / The Sounds

Club de jazz de renommée internationale où les jeunes se voient offrir de belles opportunités et où les proprios considèrent le dur labeur et la passion pour le jazz comme des principes sacro-saints.

Qu’est-ce que… le Sounds ?

Le club de jazz Sounds célèbre ce 30 avril son trentième anniversaire. Les propriétaires et exploitants du lieu sont nuls autres que Sergio Duvalloni et Rosy Merlini.

Vers la fin des années septante, ils quittent tous deux – ceci dit, séparément – leur pays natal, l’Italie pour se rendre à Berlin. Et c’est là qu’ils se rencontrent. En 1985, ils déménagent et s’installent à Bruxelles.

Le 10 avril 1986, ils ouvrent le Sounds. Dans un premier temps, le programme se concentre avant tout sur la musique pop, rock et blues. Pol Lenders, l’exploitant du légendaire club de jazz Bierodrome (juste à deux pas de là) donne son aval pour que Sergio et Rosy mettent également du jazz à l’affiche, et la suite de l’histoire, vous la connaissez.

Le Sounds est à l’époque un des premiers clubs qui propose du jazz contemporain. Trois décennies plus tard, le Sounds est connu bien au-delà de nos frontières nationales.

La formule à la base de la réussite de Sergio et Rosy: travailler dur sans soutien politique ou subsides mais avec une passion indéfectible pour le jazz.

Parmi les artistes à se produire au Sounds, il y a entre autres Paolo Fresu, Joe Lovano, Ravi Coltrane et bien entendu, Philip Catherine qui y foule régulièrement les planches et y jouit chaque année de deux journées à l’occasion du Brussels Jazz Marathon.

Sergio (porte-parole, programmeur) et Rosy (restauration) mettent un point d’honneur à donner une chance à la jeune génération. C’est ainsi que le Brussels Jazz Orchestra a vu le jour au Sounds, tout comme Octurn, deux formations qui depuis lors jouissent d’une renommée internationale.

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Lorsque je suis en ville, c’est sans conteste la Grand-Place. Il s’agit pour moi du plus beau joyau architectural de notre capitale. Et chaque année, le Brussels Jazz Marathon y programme plusieurs concerts de jazz. Quand j’ai besoin de verdure et d’un environnement calme sans voitures, je me rends au parc d’Osseghem au pied de l’Atomium. Le jazz y est également mis à l’honneur chaque année lors du festival Brosella. Deux attractions touristiques au caractère résolument jazzy donc.

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

En ma qualité de propriétaire de club de jazz, je reçois un tas de nouveautés d’artistes qui en quelque sorte posent ainsi leur candidature. Il serait absurde que j’achète des CD ou des albums alors que je n’ai déjà pas le temps aujourd’hui de tout écouter. Mais si je devais m’acheter un album qui vient de sortir, j’opterais pour l’album solo de Michel Hatzigeorgiou, le bassiste d’Aka Moon. Son morceau « La basse d’Orphée » est un véritable chef-d’œuvre. Sur cet album, il passe en revue tout l’arsenal du jazz, en allant du groove et du swing à une approche plus moderne et même au rebétiko. En plus, outre la basse, il joue sur toute une série d’instruments : banjo, mandoline, bouzouki, baglama et guitare !

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Dans mon club, j’assiste chaque semaine à 6 concerts parmi lesquels beaucoup sont de très bonne facture et certes, parfois je suis déçu mais rarement. Toutefois, il n’y a qu’une poignée de musiciens qui dominent le reste de la tête et des épaules. Comme tout récemment encore, Philip Catherine. Suite à l’indisponibilité inopinée du batteur Hans van Oosterhout, le quartet prévu initialement était réduit à un trio avec le bassiste Bart Denolf et le pianiste Nicola Andrioli. Mais quel concert ils nous ont offert ! J’ai immédiatement demandé à Philip s’il voulait bien se produire avec cette formation lors du prochain Brussels Jazz Marathon.
Deux autres musiciens que j’aimerais mentionner ici sont le trompettiste Jean-Paul Estiévenart et le violoniste Tcha Lindenberger qui tous deux avec leurs groupes respectifs nous gratifient à chaque fois de prestations extraordinaires.

… votre expression favorite du moment ?

À l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du Sounds, un journaliste me demandait quel était notre secret. Tenir un club de jazz demande beaucoup de travail mais tout comme c’est le cas chez les musiciens qui veulent sortir du lot, il n’y a qu’une devise qui tienne : il faut faire ce que vous faites avec passion. Si je devais le faire pour l’argent, le Sounds n’existerait plus depuis belle lurette. Et c’est la même chose pour les musiciens. Chez eux, c’est aussi une véritable vocation car les pouvoirs publics n’investissent guère dans le secteur du jazz. Il faut tout faire soi-même.