Stéphane Galland

Batteur qui a révolutionné le monde du jazz avec Aka Moon mais réussit également à imprimer son propre style aux côtés d’Ibrahim Maalouf et de Tigran Hamasyan.

12.05, 20.00, Cirque Royal
Aka Moon ‘BalkAlefBa’ - Cd release

 

Qui est… Stéphane Galland ?

Les débuts de Stéphane Galland (°1969) au sein de son premier trio officiel (avec Eric Legnini et Jean-Louis Rassinfosse) laissaient déjà présager du meilleur. Il s’embarque dans l’aventure du Kaai, véritable laboratoire du jazz bruxellois dans les années 90 et ce n’est alors qu’il déploie réellement tous ses talents. C’est à cette époque qu’il forme le groupe Nasa Na avec Pierre Van Dormael, Fabrizio Cassol et Michel Hatzigeorgiou. À la fois, le départ de Van Dormael et un voyage du trio restant en République Centre-Afrique chez les Pygmées d’Aka marquent le début d’Aka Moon, le début aussi d’une des histoires les plus remarquables de la scène (du jazz) belge et internationale. Le trio présente son nouvel album (double CD) au Cirque Royal dans le cadre des Nuits Botanique. Pour l’occasion, Aka Moon fait le pont entre les rythmes des Balkans et la musique transe nord-africaine.
Son style caractéristique lui a valu une reconnaissance internationale. Ainsi, il part en tournée avec Joe Zawinul Syndicate et Zap Mama. Pour l’instant, c’est le trompettiste Ibrahim Maalouf qui réclame ses services pour un tout nouveau projet dont l’album devrait paraître à l’automne de cette année.
Tout ceci n’empêche pas Stéphane Galland de poursuivre ses propres projets, comme tout récemment encore avec Lobi dont le premier album est sorti il y a trois ans. Cet automne, nous aurons droit à la suite de ce projet multiculturel. Par ailleurs, il y aura bientôt la première de son duo avec le pianiste Malcolm Braff. Et Aka Moon aussi sortira cette année encore un nouvel album rassemblant des sonates sélectionnées dans l’œuvre de Scarlatti.
Le dénominateur commun dans tout ça : la musique à la croisée des cultures et des parties de batterie de Stéphane Galland qui à chaque fois nous gratifie des pulsations rythmiques les plus originales.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Je serais tenté de vous répondre, chez moi (rires). C’est surtout parce que je suis très souvent en tournée. Mais lorsque je suis à Bruxelles, il y a un coin où j’aime bien flâner selon un itinéraire établi. C’est dans les environs de la Place Stéphanie et du Sablon. Et étant donné que j’ai besoin de me sustenter en temps et en heure, j’ajouterai mon restaurant préféré, Nuovo Rosso situé rue Bosquet. Le patron, Mario, s’est lié d’amitié avec plusieurs musiciens.
La nourriture, c’est comme la musique. Il faut apprendre à la goûter, à la découvrir mais surtout, elle doit vous procurer du plaisir. Mario cuisine avec passion, tout comme un bon musicien joue avec conviction. Comment voulez-vous que le public apprécie ce que vous faites si de toute évidence, vous n’en éprouvez aucun plaisir ?

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

Pendant longtemps, je me suis surtout acheté des albums de musique classique et de musique du monde. Depuis peu, toutefois, j’achète de nouveau des albums de jazz, au sens large du terme s’entend. Ma plus récente acquisition est « Break Stuff », le dernier album du trio Vijay Iyer. C’est le jeune pianiste Casimir Liberski qui m’en a parlé lors de répétitions que nous avions ensemble. Il m’a fait remarquer les similitudes dans notre approche des structures rythmiques. Et c’est en effet exact. Ce que font Iyer et surtout son batteur Marcus Gilmore, va dans le sens de mes idées.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Je n’assiste que rarement à des concerts. Lorsque je ne me produis pas moi-même, je préfère rester à la maison, histoire de me vider l’esprit ou de travailler. Le dernier concert dont je garde un très bon souvenir, est celui du pianiste classique Grigory Sokolov au BOZAR. Il a joué du Rameau. J’en avais les larmes aux yeux en raison de la perfection de son jeu dans la plus grande simplicité. C’était du grand art. Il frôlait la perfection de la nature.
En tant que musicien, il est bien entendu difficile d’écouter de la musique sans parti pris. Vous avez toujours tendance à analyser et à juger selon des paramètres avec lesquels vous travaillez quotidiennement. Le danger est de passer à côté de pas mal de belles choses que vous ne remarquez même pas. J’essaie de garder l’esprit ouvert mais croyez-moi, ce n’est pas évident.

 

… votre expression favorite du moment ?

C’en est une d’Einstein : « There are only two ways to live your life. One is as though nothing is a miracle. The other is as though everything is a miracle. » (« Il n’y a que deux façons de vivre sa vie. L’une est de croire que rien n’est un miracle. L’autre est de croire que tout est un miracle. »). Cette expression tend à démontrer que vous pouvez considérer la vie de deux manières. Soit tout est miracle soit il n’y a pas de miracle du tout. Ce qui est banal pour l’un, peut être extrêmement merveilleux pour l’autre. Une vision idéale ou la vérité absolue n’existe pas. Il est préférable de toujours garder un esprit ouvert. Dans le même ordre d’idées, il y a la citation de Salvador Dali : « Have no fear of perfection, you’ll never reach it » (« N'ayez pas peur de la perfection, vous ne l'atteindrez jamais. »). La quête de la perfection ne s’arrête jamais. Il y a toujours moyen de faire mieux.

 

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