Stéphane Mercier

Un saxophoniste alto qui, suite à son expérience au sein de « big bands » à Boston et New York, est désormais directeur artistique du Jazz Station Big Band et qui, en plus, a ses propres formations.

30.04, place de la Bourse, 14.00
INTERNATIONAL JAZZ DAY: Jazz Station Big Band (sous la direction de Stéphane Mercier) vs. Swingalicious Big Band

 

Qui est… Stéphane Mercier ?

Après ses études au Jazzstudio anversois et au conservatoire de Bruxelles, Stéphane Mercier (°1970) se rend d’emblée à Boston où il s’inscrit au Berklee College of Music.
Ensuite, c’est l’arrivée à New York où Mercier trouve de suite sa voie. Il réside pendant sept ans dans la capitale du jazz où il croise divers musiciens qui jouiront plus tard d’une renommée internationale (Mark Turner, Seamus Blake, Matt Penman, Avishai Cohen…).
Avec le grand orchestre de Magali Souriau, il enregistre même un album dans le légendaire club de jazz Birdland (« Birdland Sessions »).
En outre, il y a aussi son propre « Flor De Luna » sous le label Fresh Sounds qui doit sa notoriété à Kurt Rosenwinkel et Brad Mehldau.

Après une escale à Paris, il revient en Belgique où il fonde ses propres groupes.

L’invitation de Michel Paré à venir rejoindre le Jazzstation Big Band joue un rôle capital dans l’évolution de sa carrière en tant que saxophoniste et flutiste mais surtout aussi en tant que compositeur.
À l’occasion de la Journée Internationale du Jazz, Mercier dirige le Jazz Station Big Band lors d’une bataille pure et dure de big bands avec le Swingalicious Big Band.

Par ailleurs, il est aussi actif dans d’autres genres. Il figure ainsi sur le nouveau CD de Bai Kamara Jr (« The Mystical Survivors and Some Rare Earthlings ») pour lequel il a également écrit les arrangements.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Sans aucun doute, la Jazz Station. C’est en quelque sorte ma résidence secondaire. Non seulement parce que j’y assiste à des concerts mais aussi parce que c’est un véritable lieu de rencontre où travaille une équipe particulièrement sympathique. Vous pouvez y donner des interviews à l’aise, y répéter gratuitement et en plus, j’y ai déjà enregistré des démos. C’est avant tout le port d’attache du Jazz Station Big Band que je dirige depuis que le fondateur Michel Paré a fait un pas de côté. À New York, j’ai joué au sein de plusieurs « big bands » avec entre autres Jeff Ballard, Aaron Goldberg et Chris Cheek.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

« I Long to See You » de Charles Lloyd & The Marvels. La preuve s’il en faut que le saxophoniste de septante-neuf ans explore invariablement de nouveaux horizons, et ce, en compagnie d’un groupe d’instrumentistes hétéroclite composé de Reuben Rogers, Eric Harland, Bill Frisell et Greg Leisz. Pour cet album, il a même invité Willie Nelson et Norah Jones. Absolument rien de traditionnel donc ! À l’instar de Wayne Shorter, il parvient toujours à se réinventer. Tout comme Johnny Cash qui à la fin avait emprunté une voie nettement plus pop. J’ai énormément de respect pour des artistes de cette trempe.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

C’était incontestablement le concert du trompettiste Avishai Cohen l’année dernière à Flagey. La musicalité et les compositions bien construites primaient sur les prouesses techniques. Aucune note n’était superflue. Je n’avais plus été impressionné de la sorte depuis ma période new-yorkaise.

 

… votre expression favorite du moment ?

J’adore les citations. Dernièrement, j’ai encore pris note d’une petite phrase intéressante de Quincy Jones, qu’il me semble déjà avoir entendue dans la bouche de Charlie Haden il y a de cela une vingtaine d’années : « You can never be a better musician than you are a person » (« Vous ne pouvez jamais être un meilleur musicien que la personne que vous êtes »). Si vous voulez évoluer en tant que musicien, il vous faudra d’abord le faire en tant que personne. La musique vous suivra. Je me répète mais c’est pour cette raison que j’éprouve autant de respect pour des musiciens comme Wayne Shorter, Herbie Hancock et d’autres de leur génération. Ils continuent de chercher et d’évoluer en tant qu’êtres humains.