Steven Delannoye

Une année d’études à New York conduit avant tout le jeune saxophoniste à faire un choix réfléchi entre groupes propres, activités comme instrumentiste et projets en solo.

26.05, 18.30, BRUSSELS JAZZ WEEKEND -  Kumiko Izakaya
Adrien Volant 5tet feat. Steven Delannoye

28.05, 15.15, BRUSSELS JAZZ WEEKEND -Grand-Place
Brandhaard

28.05, 20.15, BRUSSELS JAZZ WEEKEND -Grand-Place
Antoine Pierre Urbex

 

Qui est… Steven Delannoye ?

Habituellement, il joue du saxophone ténor, ce qui ne l’empêche pas de s’adonner plus qu’à son tour au saxophone soprano, à la clarinette basse et la flute.

Grâce à une bourse de la BAEF (Belgian American Educational Foundation), il part étudier un an (2009-2010) à la Manhattan School of Music à New York. Un de ses principaux mentors est Phil Markowitz qui lui recommande de faire le bon choix entre initiatives propres et une kyrielle de projets parallèles. Un conseil que Delannoye (°1983) prend à cœur.

Il porte désormais son attention en partie sur DelVitaGroup pour lequel Steven livre la plupart des compositions lui-même. Après sa collaboration avec l’ensemble de bois à sept musiciens (qui figure sur le CD « Yip & Yang ») et sa tournée avec le trompettiste néerlandais Eric Vloeimans, le groupe parvient à soutirer la contribution de nul autre que le guitariste Kurt Rosenwinkel pour un concert unique (du moins, pour l’instant).

Avec le violoncelliste Lode Vercampt, il forme le duo Giant’s Talk (nommé ainsi d’après une composition de Kris Defoort). Il le qualifie lui-même comme sa propre aventure ECM. De temps à autre, le pianiste Nicola Andrioli y collabore. Avec lui, Delannoye forme d’ailleurs un autre duo dont le tout premier CD est sorti sous le label el Negocito Records en 2016.

Delannoye est aussi à l’affiche de Traekfugle (l’ensemble autour du vocaliste Sander De Winne en collaboration avec l’ensemble vocal féminin danois IKI) et Urbex, le très tendance supergroupe de la jeune scène du jazz belge avec entre autres Antoine Pierre, Bert Cools et Bram De Looze.

Plus récemment, il forme aussi le quartet Brandhaard aux côtés de Mark Schilders, Reinier Baas et Jean-Paul Estiévenart : une exploration entre noise acoustique et action d’envergure.

Du fait de cette série de collaborations, il a sciemment mis entre parenthèses son trio new-yorkais avec le bassiste Desmond White et le batteur Jesse Simpson.

Pour l’instant, il concentre d’ailleurs toute son attention sur ses projets en solo.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Cette fois, je suis incapable de choisir et je vous en donne deux. D’une part, il y a la zone près du canal Bruxelles-Charleroi, au sud de Ruisbroek. La nature à l’état pur et cela, à même pas un quart d’heure à vélo de chez moi. J’habite en effet dans le centre, à deux pas de la place du Jardin aux Fleurs. En tant que cycliste assidu, j’y vais régulièrement et j’y travaille, généralement sur mon iPad.
D’autre part, deux à trois fois par semaine, je me rends au café OR, tout près de la Bourse. J’y rencontre souvent Jean-Paul Estiévenart et nous y parlons de nos récentes expériences musicales. Et puis, de là, je pars ordinairement en direction du Muntpunt. J’y ai un abonnement et j’y cherche un petit coin où m’isoler et bouquiner à l’aise.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

Cela fait longtemps que n’ai plus acheté de CD ou d’album « physique ». Sans doute s’agissait-il d’un album de Paul Motian, « Garden of Eden » sous le label ECM ou peut-être, ses classiques de Broadway sortis chez Winter & Winter. Aujourd’hui, il m’arrive souvent de soutenir certains projets de crowdfunding d’amis collègues. C’est ce que j’ai fait pour le nouvel enregistrement du batteur français Guilhem Flouzat qui depuis un certain temps réside à New York. J’ai fait sa connaissance par le biais de son bassiste Desmond White qui joue aussi dans mon trio new-yorkais. Le troisième homme sur ce CD de Flouzat est Ben Wendel, un musicien qui commence à avoir du succès et que j’ai également rencontré pendant mes études là-bas. Ce qui est frappant, c’est que tous ces gars ont d’excellents sites web. Outre-Atlantique, c’est vraiment nécessaire car la concurrence y est particulièrement rude.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Ça, c’est très personnel. L’année passée, nous nous produisions avec DelVitaGroup sur la scène de De Kimpel (Bilzen) et comme invité spécial, nous avions – excusez du peu – Kurt Rosenwinkel en personne. En fait, Kurt n’était pas un « musicien invité » ; il s’est avéré être un membre à part entière du groupe. J’avais écrit la plupart des compositions et alors, de les entendre jouer par un artiste de sa trempe, ça vous parcourt l’échine et vous fait dresser les poils. Il n’est pas seulement un coloriste de talent mais aussi un artiste émérite sur toute la ligne. Son ardeur au travail pendant les répétitions était également inouïe. Il se donnait à fond.

 

… votre expression favorite du moment ?

C’est Miles Davis qui a dit un jour : « N’ayez pas peur des fausses notes. Ça n’existe pas. » (“Don’t fear mistakes, there are none”). Un conseil avisé que je ne manque pas d’appliquer jusque dans ma vie de tous les jours. J’adore ce petit côté aventurier où tout est possible.