Thomas Champagne

Un saxophoniste alto extrêmement polyvalent qui voyage allègrement entre différents styles, générations, voire même, disciplines artistiques.

16.12, 21.00, Herman (Rue de Roumanie 2, Saint-Gilles) :
Thomas Champagne Random House

Qui est… Thomas Champagne ?

C’est une évidence qu’en tant que Bruxellois de souche, Thomas Champagne (°1978) étudie aux conservatoires que compte la capitale. Auparavant, il suit bien entendu les cours à l’académie de musique.

Ses tout premiers débuts officiels datent de 2008 avec son propre trio (‘Charon’s Boat’). Les trois compagnons assurent l’accompagnement musical de la pièce de théâtre « Promenade de santé » de Nicolas Bedos et partent en tournée avec la troupe.

Avec The Sidewinders, Champagne peut exprimer son amour du hard bop en compagnie d’Eve Beuvens, Michel Paré, Nicholas Yates, Jan de Haas et Toon Van Dionant. Le nom du groupe est un hommage sans détour à l’un des albums emblématiques de Lee Morgan. À ce jour, ils ont produit un seul album (« A Little Busy », 2012).

Puis, il y a Kind of Blue Tribute avec des vétérans tels que Bruno Castellucci, Michel Mainil et Gino Lattuca.

Dans un registre complètement différent, il participe à UTZ sous la direction de Renato Baccarat, un groupe qui s’intéresse surtout à un croisement quelque part entre rock, pop et jazz, le tout mâtiné d’influences résolument brésiliennes.

Autre projet hybride auquel participe le saxophoniste : Al Manara, l’alliance de quinze musiciens belges et palestiniens. Le superbe enregistrement sur DVD du concert dans la cathédrale de Tournai est à voir absolument.

Avec le pianiste Christian Claessens, il s’essaie à l’œuvre de Keith Jarrett, Enrico Pieranunzi et Egberto Gismonti.

En tant que compositeur, il contribue régulièrement à des documentaires, spectacles de danse et compagnies théâtrales. En outre, il se distingue aussi dans GribouJazz, un programme pour enfants de 3 à 8 ans qui vise à les familiariser par une approche ludique aux différents aspects du jazz à l’aide de musique et de nombreuses illustrations originales propres.

Son groupe le plus récent est Random House avec à ses côtés Guillaume Vierset, Ruben Lamon et Alain Deval. Champagne le décrit lui-même comme produisant « des grooves post-Coltrane ponctués de formes mélodiques qui créent l’ambiance, guitare et saxophone alto comme forces motrices à l’appui ». Après un maxi-single et un EP (pour « extended play », petit album trop court pour être qualifié d'album et trop long pour être qualifié de single), le groupe nous gratifiera du premier CD officiel en 2017.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Je ne citerai pas de lieu en particulier mais plutôt la commune de Saint-Gilles dans son ensemble. J’y habite et je m’y sens bien partout. Que ce soit pour aller prendre un café, ou tout simplement flâner ou aller au parc avec les enfants, tout cela se fait sans problème. Par le multiculturalisme et les différentes couches sociales présentes dans la commune, il y a une énergie que vous ne trouverez nulle part ailleurs à Bruxelles.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

‘Trio New York II’ du saxophoniste ténor Ellery Eskelin où il est accompagné de Gary Versace au Hammond B3 et de Gerald Cleaver à la batterie. J’ai acheté ce CD à New York. Ils ne jouent que des classiques et cela paraît très simple mais la conjugaison de la liberté et des grooves est tout bonnement magistrale. J’ai même pu suivre quelques cours auprès d’Eskelin parce que j’admire énormément son approche et sa vision.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

C’était également lors de mon séjour à New York où j’ai assisté à un concert du bassiste Stephan Crump avec son groupe Rhombal. Les autres musiciens étaient Ellery Eskelin, une fois de plus, Adam O’Farrill à la trompette et Tyshawn Sorey à la batterie. L’association des deux instrumentistes à vent m’a rappelé Jeroen Van Herzeele aux côtés de Laurent Blondiau ou plus récemment encore, Steven Delannoye et Jean-Paul Estiévenart. C’est six semaines à New York ont certes été une expérience très enrichissante mais nous devons tout autant se rendre à l’évidence qu’ici, dans notre petit pays, il se passe aussi beaucoup de choses intéressantes.

 

… votre expression favorite du moment ?

Elle me vient de la grand-mère de mon épouse. « Si tu as un problème et qu’il n’y a pas de solution, il n’y a aucune raison de se faire du mouron. Et si la solution existe, pour quelle raison t’inquiéter ? ». C’est à mes yeux un sage conseil pour ce qui est des petites tracasseries de la vie quotidienne. Je me rends bien compte que ce n’est pas le genre d’adage qui peut s’appliquer partout et tout le temps. Pour le projet Al Manara par exemple, j’ai travaillé avec des Palestiniens et il est tout à fait impensable de balayer leurs problèmes d’un revers de main avec ce type de boutade.