Tuur Florizoone

Du Brésil aux Etats-Unis et du classique au folk et au jazz, l’accordéoniste Tuur Florizoone (°1978) est l’exemple par excellence du musicien moderne qui fait fi des frontières.

River Jazz Festival - Jazzstation, 10.01

18h00 : Tricycle 

 

Du Brésil aux Etats-Unis et du classique au folk et au jazz, l’accordéoniste, pianiste et compositeur Tuur Florizoone (°1978) est l’exemple par excellence du musicien moderne qui fait fi des frontières. Il fonde le groupe Tricycle belge… à la puissance 3 puisque composé d’un Flamand, d’un Wallon et d’un Bruxellois.

 

Qui est… Tuur Florizoone ?

 

Le curriculum vitae de Tuur Florizoone s’apparente à un voyage autour du monde au travers de divers continents et genres musicaux. Un petit aperçu de son journal de bord : workshops au Brésil chez Naná Vasconcelos et Gilberto Gil, tournées circassiennes, la bande-son d’un des plus grands succès du cinéma flamand des dernières années (« Aanrijding In Moscou »), idylle avec les genres dub, électro et musique du monde en association avec le groupe turc Baba Zula, folk scandinave avec aNoo, avant-jazz juif avec Zahava Seewald & Zohara, musique classique contemporaine avec le trio Massot-Florizoone-Horbaczewski, aventure belgo-congolaise avec Mixtuur, concerts avec des flibustiers du même acabit tels que Carlos Núñez et Manu Chao et son propre label Aventura Musica.

À la fin de l’année dernière, il sillonnait encore les routes des États-Unis en compagnie du trompettiste Eric Vloeimans et du violoncelliste Jörg Brinkman. Pour l’heure, le trio finalise son nouvel album qui succèdera à « Oliver’s Cinema » dans le courant du mois prochain.

Pour son concert à la Jazzstation, Florizoone nous réserve une exclusivité. À l’affiche, il y aura Tricycle mais cette fois, en format XL. Viennent en effet en renfort les trois percussionnistes Oswaldo Hernandez, Etienne Plumer et Stephan Pougin. Après une série de concerts dans des écoles, ce sera leur seul concert en club. L’objectif est toutefois de poursuivre ce projet et ensuite, de sortir un CD. Lors du River Jazz Festival, l’ensemble lève en tout cas une partie du voile, et ce en toute exclusivité !

  

Quel(le) est… votre lieu préféré à Bruxelles ?

 

Café Bravo dans la rue d’Alost, une rue transversale tout au bout de la rue Dansaert. Il y a un vaste choix de bières régionales et vu que j’ai un sérieux faible pour les blondes… brassées s’entend, j’y fais régulièrement une halte. Vous pouvez même y manger un bout à des prix très démocratiques. Et ce qui ne gâche rien, l’endroit propose des concerts live de jazz. Plusieurs fois par semaine, vous pouvez y assister à des concerts. Le mercredi soir est réservé aux jam sessions. Ce jour-là, le lieu devient ni plus ni moins un incontournable de la capitale et le monde s’y bouscule impatiemment au portillon. Même noir de monde, Café Bravo reste plaisant : ceux qui souhaitent simplement discuter et boire un verre restent au rez-de-chaussée et les amateurs de musique se rendent au sous-sol pour se délecter de musique pur jus.

 

… votre plus beau souvenir d’un concert à Flagey ?

La jam session organisée début octobre par Les Lundis d’Hortense pour marquer l’ouverture de la saison. Des styles de jazz divergents s’y produisent en toute liberté et décontraction. Des dizaines de musiciens se relayent lors d’une jam session magistrale pour culminer en une grande fête jubilatoire. Sur scène, il y avait non seulement Etienne Richard et Jean-Paul Estiévenart, mais aussi Pirly Zurstrassen et Toine Thys et beaucoup d’autres musiciens. Des concerts de ce genre sont à mon avis la meilleure pub pour le jazz. Cet évènement a d’ailleurs lieu chaque année et tout le monde est le bienvenu.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes acheté ?

 

« Skeletons » d’Anu Junnonen. Je joue dans son groupe aNoo mais il s’agit ici de son premier album en solo sous son propre nom. Elle y emprunte une tout autre voie et s’engage dans une quête personnelle dédiée à la combinaison entre voix et musique électro. Elle y procède de manière très radicale et a en plus opté pour tout juste la bonne longueur, un peu plus d’une demi-heure, à l’instar de Daniel Lanois avec ses enregistrements plus expérimentaux. Pour un artiste, c’est souvent une des questions essentielles lors de la réalisation d’un CD : à quelle longueur dois-je me limiter ? « Skeletons » n’est clairement pas le genre de musique à mettre lors d’un dîner en famille, mais plutôt à jouer à pleins tubes alors qu’on fait la vaisselle.

 

… votre expression favorite du moment ?

 

« Avec vous, les cyclistes, conduire à Bruxelles, c’est extrêmement dangereux », voilà le reproche qu’un conducteur visiblement échaudé confortablement installé derrière le volant de son 4x4 m’a dernièrement balancé tout de go alors qu’à un cheveu près, il nous fauchait ma copine et moi. Il faudrait tout simplement retirer ces conducteurs et ces véhicules de la circulation. D’ailleurs, si tout le monde roulait à vélo à Bruxelles, ce serait tellement plus agréable et nettement moins dangereux. Malheureusement, il y a tellement peu de pistes cyclables qu’on est sans cesse obligé d’emprunter les voies de circulation réservées aux voitures. En plus, il y a peu d’automobilistes qui respectent l’emplacement réservé aux cyclistes aux feux de signalisation. Si je m’aventure à leur faire la remarque, je me fais insulter comme du poisson pourri. Il est vrai que certains cyclistes ne sont pas aussi vigilants et prudents. Si d’aventure j’ai devant moi un touriste sur un vélo Villo, je garde tout autant mes distances que s’il s’agissait d’une voiture immatriculée à l’étranger. Personnellement, je porte toujours un casque et mon vélo est équipé de feux avant et arrière ; c’est hélas un point trop souvent négligé par de nombreux cyclistes à Bruxelles.