Brosella Folk & Jazz

Juillet

 

7 & 8 juillet 2018

 

Brosella est un phénomène particulier dans le circuit des festivals. Cent pour cent belge aussi, à la fois par le décor, au pied de l’Atomium, et par le contenu, qui privilégie les talents nationaux du jazz. Toots Thielemans parraine le festival depuis 1986. Et ce n’est pas par hasard que Brosella est l’un des cinq membres du groupe-pilote de la toute nouvelle Brussels Jazz Platform. 

 

Jazz au Théâtre de verdure oublié

La naissance du festival est une histoire typique de négligence du patrimoine belge. À une certaine époque, Henri Vandenberghe, créateur et promoteur du festival, travaillait au service de la jeunesse de la ville de Bruxelles, où il a eu pour mission d’organiser " quelque chose " au Théâtre de Verdure au pied de l’Atomium. Ce poumon vert à la périphérie de Bruxelles était négligé et délaissé depuis l’Expo 58. Vandenberghe a immédiatement évalué le potentiel, s’est adressé à son ami Geert Currinckx et à l’équipe du club folk Tsleutelgat (plus tard Toogenblik) de Haren et voilà… Brosella était né. C’était en 1977. Au départ, il s’agissait de deux journées de musique folk. Depuis 1982, il s’agit d’une journée de folk et d’une journée de jazz. Mais là aussi, Brosella est unique, car il y a chaque année quelques groupes interchangeables entre la journée du jazz et celle du folk, sans que les amateurs du genre en question s’en offusquent. Les limites entre différents styles musicaux s’estompent de plus en plus, il est vrai, mais Brosella parvient toujours à trouver des artistes qui cadrent dans l’ensemble, non pas des types branchés qui touchent un peu à la tendance dite cross over, mais des musiciens qui relèvent résolument le défi d’une véritable symbiose.

 

Un profil bien particulier

Il y a des festivals et il y a Brosella. Les choix musicaux sont toujours teintés d’une certaine forme de rébellion et de contre-courant. Vous n’y trouverez pas de grands noms commerciaux, mais des artistes qui suivent une même voie (Paul Bley, Maria Schneider, Chico Freeman, Richard Galliano, Bobo Stenson, Charles Lloyd, John Abercrombie…) ou qui sont sur le point de percer sur la scène internationale (Ambrose Akinmusire, Jon Irabagon, Jon Batiste & Stay Human…). Il ne faut surtout pas arriver en retard au Brosella : la journée commence plus que probablement avec un carton plein. Ainsi, Carla Bley Big Band, Johnny Griffin, Clark Terry et Billy Cobham étaient en scène dès le début de l’après-midi. Chaque année, il faut guetter le musicien belge qui a carte blanche : il invite des musiciens (inter)nationaux avec qui il élabore un projet exclusif. Souvent, c’est un peu la première non officielle d’une histoire qui se prolonge dans d’autres festivals et qui débouche généralement sur un enregistrement. Les groupes belges bénéficient en tout cas de l’attention qu’ils méritent et ne sont certainement pas des bouche-trous. Pour beaucoup, la présentation de leur nouveau CD à Brosella est la consécration de l’année.

 

Pas de VIP, mais des kids de 3 à 73 ans

Outre le décor et la qualité musicale, l’équipe de bénévoles super motivés (la deuxième génération déjà) est le maillon indispensable de cette réussite. Sans eux, Brosella n’existerait pas, car jusqu’en 2013, le festival était entièrement gratuit ! Cette année-là, une première contribution semi-volontaire a été demandée et à partir de 2014, tout le monde est censé acheter un bracelet de l’amitié à 5 € en guise de ticket d’entrée. ‘Censé acheter’, car là aussi Brosella est unique. Vous ne trouverez nulle part ailleurs cette atmosphère bon enfant. Il n’y a pas d’espace VIP distinct. Les artistes ont une loge, certes, mais il n’y a pas de back stage privé fermé. " Tout le monde est VIP " au Brosella. Tout s’inscrit sous le signe de la musique surtout, même pour les enfants.

Brosella fait preuve de créativité en matière d’animation pour enfants pendant les festivals. C’est encore Henri Vandenberghe qui a proposé les bonnes idées et a trouvé les personnes qu’il fallait pour les concrétiser. Le " parking pour enfants " avec grimage et ballonnets, animé par un clown a bien vite été remplacé par un vrai volet distinct pour les plus petits. Une réussite telle que dans certaines familles, ce sont les enfants qui traînent leurs parents au Brosella. Brosella Kids est désormais un festival dans le festival.

Plus encore : depuis quelques années, Brosella travaille en étroite collaboration avec Kunsthumaniora Brussel (Humanités artistiques Bruxelles) et organise chaque année trois concerts sous le nom de Kristal Klaar. Les élèves ont ainsi l’occasion de goûter au jazz après l’obtention d’un diplôme, ils doivent composer leur propre dossier de presse et sont impliqués dans l’aspect médiatique.