Alain Pierre

C’est entouré d’une jeune section rythmique qu’Alain Pierre démontre avec son dernier groupe Tree-Ho! que la musique pour guitare acoustique peut tout à la fois être synonyme d’intimité mélodique et de spontanéité énergique.

01.04, 22.00, Sounds:
Alain Pierre Tree-Ho!

 

Qui est… Alain Pierre ?

Grâce à des noms tels que Kurt Rosenwinkel, Bill Frisell et Jakob Bro, la guitare électrique est plus que jamais à l’honneur dans le jazz. Alain Pierre (°1966) s’en tient à la guitare acoustique classique et à la guitare à douze cordes. « Pour moi, c’est le moyen idéal pour incorporer mes sentiments personnels de la façon la plus optimale dans ma musique. »
Il étudie tant au conservatoire de Liège qu’à celui de Bruxelles et donne lui-même cours depuis de nombreuses années.
En tant que compositeur, il travaille pour les formations les plus diverses, allant de duos et trios aux ensembles vocaux et quartets à cordes.
Il est surtout un musicien très demandé sur des projets extrêmement variés.
Voici quelques-unes de ses récentes collaborations :
- un duo avec la chanteuse Barbara Wiernik (« Different Lines »)
- le trio WRaP! avec Barbara Wiernik et Jean-Louis Rassinfosse
- Acous-Trees avec Pierre Bernard, Olivier Stalon, Frédéric Malempre, Antoine Pierre et Barbara Wiernik.
Citons aussi de nombreux projets et/ou enregistrements en duo avec entre autres Peter Hertmans, Steve Houben et Guillaume Vierset, sans oublier qu’il a fondé groupe belgo-tunisien Anfass.
Et pour finir, il y a bien entendu son tout dernier groupe Tree-Ho! avec le bassiste Félix Zurstrassen (LG Jazz Collective, David Thomaere Trio, Urbex) et le batteur Antoine Pierre (Taxi Wars, Urbex, Philip Catherine, LG Jazz Collective).
Leur premier CD « Aaron & Allen » vient tout juste de sortir sous son propre label : Spinach Pie Records.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Les bureaux de l’association de musiciens Les Lundis d’Hortense se trouvent au Jazzstation. Par la force des choses, ce lieu est devenu en quelque sorte ma résidence secondaire puisque j’ai été président des Lundis d’Hortense pendant quatre ans et que je suis encore toujours membre du conseil d’administration. Mais dans le cadre de cette rubrique, j’aimerais à tout le moins mentionner Flagey. C’est un bâtiment où résonnent encore les vibrations du passé. L’histoire de la musique écrite dans ce lieu phare bruxellois est incroyable. Les premières radiodiffusions, les enregistrements et la multitude de concerts… Les gens laissent derrière eux une énergie qui, je trouve, est particulièrement palpable ici.

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

Il s’agit du pack ECM « The First Quartet » avec trois albums de John Abercrombie entouré de George Mraz, Richie Beirach et Peter Donald. Ces enregistrements qui datent de la période 1978-1980, n’avaient pas encore été réédités en CD. Abercrombie était alors à l’apogée dans sa recherche personnelle d’harmonies complexes. Mais il ne s’agissait pas « d’art pour l’art ». Le résultat était frais et avait tout à la fois ce petit côté rugueux. Ceux qui reprochent à ECM de ne se limiter pour ainsi dire qu’à la musique atmosphérique, feraient bien d’écouter ces trois albums.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Si je disais que j’ai été très impressionné par Urbex lors du récent Brussels Jazz Festival à Flagey, on me taxerait sans doute de favoritisme envers mon fils (rires). C’est pour cette raison qu’en fin de compte, j’opterai pour le pianiste Nicola Andrioli. Il se produit régulièrement au Sounds. Je suis à chaque fois stupéfait par sa créativité. Il ne se répète jamais. Et puis, il n’y a pas à dire, quelle combinaison de mélodie, d’harmonie et de rythme ! Il a franchement tout.

 

… votre expression favorite du moment ?

« Seul compte l’instant présent », c’est aussi le titre d’une de mes compositions sur mon dernier CD « Aaron & Allen ». Il faut vivre dans l’instant présent. Prendre tout ce que l’instant peut apporter et essayer d’en extraire une énergie positive. C’est aussi ma devise dans la vie.