Jeroen Van Herzeele

Saxophoniste qui cherche en permanence à atteindre un équilibre délicat entre zen, nature, composition et improvisation.

09.03, 20.30, Jazz Station:
Mâäk Quintet


13.03, 21.00, Roskam
Gratitude Trio

 

Qui est… Jeroen Van Herzeele ?

Le saxophoniste Jeroen Van Herzeele (°1965) a suivi sa formation musicale à Bruxelles et à Anvers. Aujourd’hui, il donne lui-même cours au Conservatoire Royal de Bruxelles.
Le fil rouge qui traverse son propre travail est John Coltrane.
Greetings from Mercury est le groupe avec lequel il combine à sa propre manière hip-hop, rythmes urbains et jazz, un mélange qui ressort parfaitement sur les titres « Continuance » et « Heiwa ».
Sa discographie comprend aussi des CD tels que « Da Mo » (Jeroen Van Herzeele Quartet) et « Caribbean Fire Dance » (un hommage à Joe Henderson avec Peter Hertmans, Sal La Rocca et Jan de Haas).
Par ailleurs, il se retrouve en studio avec notamment Ben Sluijs (« The Unplayables »), Wissels/Linx (« If One More Day »), Octurn (« Chromatic History », « Round ») et The Chris Joris Experience (« Live »).
Avec le batteur Giovanni Barcella, il collabore régulièrement à des productions théâtrales lors desquelles il se produit en direct.
Depuis les débuts du groupe, il est un des piliers fondateurs de Mâäk et de différents projets parallèles (MikMâäk, Kojo, MW’Soul...).
Lors du Jazz Middelheim 2015, on lui donne carte blanche pour un programme en soirée lors duquel il se produit avec pas moins de quatre formations différentes.
Pour l’heure, il se concentre principalement sur son propre Gratitude Trio aux côtés du bassiste Alfred Vilayleck et du batteur Louis Favre. Le deuxième CD « Alive » (2015) a figuré dans pas mal de sélections de fin d’année.

 

Quel(le) est…

… votre lieu préféré à Bruxelles ?

Je ne suis pas un grand sorteur. Lorsque je ne me produis pas sur scène, je préfère passer du temps dans mon propre studio à la maison, ce qui me permet d’étudier, de composer et d’expérimenter avec de nouvelles idées. Et quand je sors, je vais au Parc Duden à deux pas de chez moi. M’y promener me repose l’esprit et m’inspire tout à la fois.

 

 

… le dernier CD ou album que vous vous êtes offert ?

Honnêtement, cela fait longtemps que je n’ai plus rien acheté mais depuis lors, je me suis concocté une petite liste avec en tête le nouveau CD de Bo Van der Werf qui devrait sortir bientôt. Bo m’en a déjà fait écouter certains passages. Il s’est rendu avec Dré Pallemaerts, Fabian Fiorini et Jozef Dumoulin au Tibet pour y enregistrer le chant des moines de Gyuto. La combinaison du quartet avec le chant diphonique des moines est tout simplement impressionnante.
Je considère la voix humaine comme un instrument qui procure une couleur sonore particulière. Des musiciens tels qu’Archie Shepp ou Lester Young ont montré comment en faire usage de manière optimale. Et bien sûr, il y a aussi Wayne Shorter avec Joni Mitchell. C’est vraiment du grand art de pouvoir jouer juste en-dessous de la tonalité vocale pour ainsi produire un effet maximal.
En deuxième place sur ma liste, il y a la bande-son de The Revenant : la musique est composée par Ryuichi Sakamoto et Alav Noto, deux musiciens que j’admire énormément.

 

votre plus beau souvenir d’un concert récent ?

Comme je vous le disais, je ne sors pas souvent, pas même pour des concerts. J’ai un très bon souvenir du concert du Wayne Shorter Quartet dans la salle De Roma il y a de cela quelques années. La manière dont ils ont, en partant de rien et en allant en quête d’inconnu, réussi à produire sur scène un ensemble profondément cohérent, c’était la grande classe !
Avec Gratitude Trio, nous opérons parfois de la même manière – il suffit d’écouter nos CD. Je commence le compte à rebours et puis, nous nous lançons en pleine improvisation pendant quelques minutes.

 

… votre expression favorite du moment ?

J’aime citer le maître bouddhiste Bodhidharma. « Ne penser à rien est zen. Dès que vous en prenez conscience, se promener, s’asseoir, se coucher, tout ce que vous faites est zen. » Parfois, cela fait du bien de ne rien faire, tout simplement et même, de ne penser à rien. Toutefois, cela s’apprend. Celui qui en est capable, voit ensuite les choses d’une autre manière. Tout le monde n’en éprouve sans doute pas le besoin, mais moi oui. Dans la même veine, j’ai lu aujourd’hui tout à fait par hasard dans le journal une interview de Johan Braeckman dans laquelle il déclare que le plus important est d’être maître de son temps. À l’heure actuelle, beaucoup de gens travaillent trop. L’art consiste à trouver un équilibre entre vos activités et la nature.